12 Jan 2022
Lorsque le respect des textes sera effectif, les puissances occidentales auront peu d’arguments pour s’immiscer dans nos affaires

Lorsque le respect des textes sera effectif, les puissances occidentales auront peu d’arguments pour s’immiscer dans nos affaires

Ecrit le 12 - 1 - 2022

Si les colonels Doumbouya de la Guinée et Goita du Mali se réfèrent aux nationalistes et panafricains des réseaux sociaux ,en l’occurrence, Facebook, ils sont mal barrés. Je m’explique...


L’écrasante majorité de ceux qui jouent aux nationalistes et panafricains sur les réseaux sociaux ignorent les enjeux de la géopolitique et l’interdépendance entre les pays au 21e siècle.

À l’heure actuelle, à part la Corée du Nord qui a développé une politique de fermeture depuis des décennies, aucun pays ne peut vivre à vase clos.

Souvent les panafricains des réseaux sociaux sont dans les situations ci-dessous :

1. Un célibataire qui est fatigué de vivre sans femme chez lui. Donc il vient déverser sa colère sur les réseaux sociaux ;

2. Un vendeur lassé de passer ses journées dans sa boutique sans client ;

3. Un chauffeur de taxi qui fait 2 accidents dans la journée ;

4. Le fils à papa qui s’ennuie dans son confort ;

5. Le diaspo qui a 2 mois de loyers impayés ou encore le grand diaspo qui a passé 25 voir 39 ans sans revenir au pays s’érige en panafricain plus que Sékou Touré ou Thomas sankara pour justifier son échec.

Par ailleurs, lorsque le pouvoir central est en danger, ces panafricains ne sortent jamais de leur canapé pour essayer de le sauver. Pire, ils retournent leur veste et viennent émettre des commentaires contraires aux précédents.

En guinée, les exemples sont encore frais.

Un groupe disait que seul Alpha pouvait faire l’affaire, aujourd’hui ils chantent la même chanson pour Doumbouya.

Ceux qui n’assumaient pas leur position politique ,par peur de perdre des intérêts sont subitement devenus des nationalistes souverainistes . Ils veulent mener Doumbouya sur un chemin qui ne l’arrangera guère .

Les organismes internationaux ont décidé très tôt de confier la gestion du cas malien à la cedeao et s’aligner derrière ses décisions.

Au lieu de continuer à se plaindre de la France à tort ou à raison de commanditer les sanctions contre nos états, nous devrions prendre nos responsabilités pour éradiquer les maux qui minent nos sociétés, notamment l’ethnocentrisme, la mauvaise gouvernance, les détournements de deniers publiques et l’incivisme.

Lorsque le respect des textes sera effectif dans nos pays, les puissances occidentales auront peu d’arguments pour s’immiscer dans nos affaires internes car, c’est notre incapacité à élire nos présidents sur la base des projets de société et de compétences qui occasionnent souvent ces ingérences externes.

Par Souleymane Conde
ancien prisonnier politique d'Alpha Condé

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