13 Jan 2022
Deux camps s'opposent au sein du C.P.P.

Deux camps s'opposent au sein du C.P.P.

Ecrit le 13 - 1 - 2022

Lors de sa fondation, le 3 janvier dernier, au siège de l'U.D.G. de Mamadou Sylla 'Furuelec' et de la Coalition CORED qu'il dirige, nombre de commentateurs ont salué la naissance de cette structure qui cherche à rassembler tout le monde politique guinéen dans le but de faire des propositions concrètes au CNRD du Colonel Doumbouya pouvant favoriser une bonne transition en Guinée.

Pour l'un de ces commentateurs "cette structure qui regroupe beaucoup de forces politiques guinéennes ne sera pas une ANAD-bis que Dalein dirige car, il y a ses adversaires (certains disent même ses ennemis) politiques que sont le PADES de Dr. Ousmane Kaba, l'Ufr de Sidya Touré, le PEDN de Lansana Kouyaté. Donc le jour de la nomination du porte-parole, la structure sera ébranlée ; elle pourrait même éclater. D'ailleurs, certains ne sont dans ce C.P.P. que pour se faire connaître ou séduire le CNRD du Colonel Doumbouya, dans le seul but d'avoir un décret".

Au rendez-vous de ce jeudi 13 janvier 2022, Dr. Ousmane Kaba a déclaré que "l’ANAD et certains alliés veulent imposer le président Cellou Dalein Diallo comme porte-parole du Collectif des partis politiques. Ce qui ne nous semble pas judicieux, parce que nous avons pensé que parmi les grands partis, aucun ne doit être le porte-parole pour ne pas avoir un avantage électoral".


"Nous estimons qu’un grand parti, quel qu’il soit, ne peut pas diriger le CPP".


Le leader du PADES et la Coalition COPED explique que "c’est la raison pour laquelle nous avons suggéré qu’une dame, Dr Makalé Traoré, soit porte-parole de notre CPP. Si c’est en tout cas pour porter la parole. Mais, certains veulent imposer forcément le président de l’UFDG, ce qui n’a pas de sens. Il n’y a pas d’unanimité parce que nous estimons qu’un grand parti, quel qu’il soit, ne peut pas diriger le CPP. Donc, il ne peut pas porter notre voix. Nous ne sommes pas d’accord. Ce n’est quand même pas obligatoire que quelqu’un porte votre voix".


De son côté, Dr. Fodé Oussou Fofana, vice-président de l'UFDG, a informé que "La majorité s’est dégagée : il y a 7 coalitions dont l’ANAD, ADC-BOK, CPA, CORED, GG, qui sont d’accord que le président Cellou Dalein soit le porte-parole et que Makalé Traoré soit l’adjointe. Dans la salle, il y a 4 coalitions dont FNDC politique, COPEG, qui n’étaient pas d’accord pour le choix qui a été proposé. Ils sont libres de se retrouver pour former leurs coalitions et trouver leur porte parole. Nous, nous avons dit en attendant, le président Cellou Dalein de l’ANAD et Madame Makalé Traoré du CORED vont pour les trois premiers mois être les porte-paroles".


Deux groupes dans le C.P.P ?


Pour ce vice-président de l'UFDG, avec cette situation, il y aura "deux classes politiques, deux groupes qui vont agir ensemble. Quand un leader politique pense que si Cellou Dalein est le porte-parole, ça va avoir l’influence sur son électorat, moi je trouve qu’on ne sait pas ce pourquoi on s’est retrouvé".

Pour un analyste politique, "que le porte-parole soit issu des rangs de l'ANAD, n'est pas le problème. Au lendemain de la création du C.P.P., j'avais conseillé au président Cellou de ne pas accepter la direction de ce C.P.P., car il a plus intérêts à renforcer les capacités de l'UFDG et de l'ANAD que de donner des efforts au C.P.P., qui est une bonne chose pour faire des propositions au CNRD. Si vous voyez des cadres de l'UFDG se 'fâcher' un peu, c'est parce que plus Dalein s'ouvre aux autres (qui sont plus des ennemis politiques) davantage il fait des mécontents chez ses partisans et leurs alliés. Qu'il s'occupe de l'ANAD, dont est membre l'Ufdg".

Que va faire Sidya Touré, hôte de la rencontre et doyen de la classe politique guinéenne, qui aurait mandat de trouver les solutions à cette crise ? Ce poste de porte-parole du C.P.P. est-il nécessaire ? Ne faudrait-il avoir une direction collégiale et convenir chaque fois d'une déclaration commune que chaque leader, à tour de rôle, lirait suite à chaqye rencontre ?

Hamidou BAH (collaboration I. S. BALDÉ)

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