16 Jan 2022

"Ceux qui veulent soutenir le Mali doivent encourager les autorités de transition à œuvrer pour un retour à l’ordre constitutionnel". (*)

Ecrit le 16 - 1 - 2022


Il y a une drôle manière par laquelle certains expriment leur solidarité dite panafricaine. En général nos populations manquent de tout à cause de la mauvaise gouvernance. De l’éducation à la santé en passant par les infrastructures de base, nos dirigeants qui ont la responsabilité de s’en occuper ne font même pas le minimum.


Par exemple, si nous avons des problèmes sécuritaires, c’est parceque d’abord nos États ont échoué dans leurs missions régaliennes. Par ailleurs, comment arrivent les puissances étrangères dans nos États ? Ce n’est quand même pas par invasion; c’est par des accords et résolutions auxquels nos dirigeants consentent souvent à notre nom.


Il est indéniable que la CEDEAO a perdu sa crédibilité ces dernières années pour des raisons qui ne sont plus à démontrer. Pour cela elle n’est pas défendable.


Mais est-ce une raison pour l’opinion publique de soutenir une transition obscure et hégémonique ? Autrement dit, est-ce parce que le médecin a prouvé son incompétence qu’il faille pour autant encourager les gens à tomber malade pour davantage défier celui qui a échoué à s’occuper de quelques patients ?


Alors ceux qui veulent soutenir sincèrement le Mali doivent encourager les autorités de transition à œuvrer dans le sens d’établir un calendrier consensuel et raisonnable pour un retour à l’ordre constitutionnel. Ainsi l’occasion sera donnée aux Maliens, et à eux seuls, d’élire ceux qui sont capables de résoudre les problèmes dont ils se plaignent.


La plupart des acteurs de la transition qui brandissent les arguments complotites le font pour leurs propres intérêts. La formule est classique : indexer des responsabilités extérieures pour détourner les regards sur soi-même et radicaliser la population vis-à-vis des autres (opposition intérieure, pays voisins et puissances occidentales).


Cela permet d’user de la posture de “victime” pour garder le pouvoir au nom de la nécessité de défendre la “souveraineté” et restaurer la “dignité”. Un chantier aussi vaste et interminable que le territoire Malien.
Un peuple ne se nourrit pas de slogans populistes.



Courage au peuple frère du Mali !


(*) Par Aliou BAH

MoDeL

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