18 Jan 2022
Le PEDN n'est pas du C.P.P.

Le PEDN n'est pas du C.P.P.

Ecrit le 18 - 1 - 2022


Après plus de deux années d'absence du pays, Lansana Kouyaté, président fondateur du Parti de l'Espoir pour le développement national (PEDN), est de retour au pays. Depuis la prise du pouvoir par Alpha Condé en décembre 2010, l'ancien premier ministre avait choisi de rester loin du pays dirigé par l'ex président guinéen, renversé le 5 septembre dernier.

Pourtant, il avait mis tout son poids (politique et financier) dans la balance pour la victoire d'Alpha Condé lors du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2010, gagnée par ce dernier grâce au concours du président de la Transition de l'époque, Général Sékouba Konaté, avec le soutien du Médiateur de la crise guinéenne, Blaise Compaoré du Burkina Faso, d'Abdou Diouf, ancien président sénégalais, au moment des faits, patron de l'O.I.F, et l'ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Koutchner.


Invité de l'émission 'Mirador' de FIM FM, Lansana Kouyaté a informé que son parti, "honnêtement, on n’est pas membre, on fait partie du FNDC politique. Et là aussi, c’est à discuter" et, concernant le choix de Cellou Dalein Diallo comme porte-parole du C.P.P., il "n’en pense rien parce que je n’étais pas là. Je n’ai pas participé à la rencontre et je n’y avais d’ailleurs aucun représentant (...). Porte-parole ou pas, ce n’est pas ce qui est important. Quand on a des arrière-pensées qui pavent les pensées, chacun essaie d’avancer ses pions. Pour l’instant, tout ce groupe n’est pas adversaire. Le moment viendra où les uns et les autres seront opposés aux uns et autres".


Mais il ajoute : "on va discuter au sein du FNDC politique, dialoguer parce qu’il faut que nous ayons tous, même si on n'a pas la même vision, mais au moins qu’on ait une base de restructuration qui sera solide qui nous permettra d’aller de l’avant (…). Je ne mets mon pied quelque part quand je n’ai pas la visibilité. Donc cela sera discuté".


Amender la Constitution de 2010.


Pour Lansana Kouyaté, "l’amendement de la constitution de 2010" est une option à envisager car, "c’est une bonne constitution. Qu’on ne touche pas aux intangibilités et s’il y a à améliorer, les constitutionnalistes vont améliorer. On n’a pas besoin d’écrire une constitution. Ce n’est pas parce que ça coûte de l’argent, mais on va rentrer dans ça et on ne sait pas comment ça va finir. L’essentiel deviendra inessentiel et l’inessentiel sera essentiel".


Pour un cadre de l'UFDG, "quand vous entendez Lansana Kouyaté dire que dans l'entre deux tours de la présidentielle de 2010, ils avaient convenu lors de leur réunion chez François Fall, que quiconque est élu, car le futur président est parmi nous, devrait soumettre pas plus tard 6 mois un referendum mais malheureusement, chose qui n’a pas été faite, c'est que ce ne sont pas des démocrates. Dalein a été privé de sa victoire en juin 2010. Il est obligé d'aller au second tour ; ce qu'il accepte avec l'accompagnement d'une coalition imbattable... De toutes les façons, Kiridi Bangoura a dit que sans l'aide de Konaté, Alpha Condé (donc Kouyaté, Fall, etc) n'a pas gagné mais Konaté leur a donné la victoire et les forces militaires et paramilitaires l'ont imposé".


Ce même scénario est-il en train d'être rejoué ? Va-t-on de nouveau assister au 'complot' contre Cellou Dalein et ses alliés ? L'ethnostratégie sera-t-elle mise en place par le biais d'une alliance Kouyaté (PEDN), Kaba (PADES) et le reste du RPG a-e-c, que pourrait soutenir Sidya Touré ? Pour un cadre de l'ANAD, "cette fois-ci, cela ne sera pas possible. Nous avons démontré lors du scrutin du 18 octobre 2020 que nous pouvons gagner même avec un fichier élecoral tripatouillé. L'ethnostratégie ne va pas fonctionner même en Haute Guinée où le bilan du RPG n'est pas bon et les gens veulent le changement avec Dalein maintenant. Le Dalein d'aujourd'hui, qui a un carnet d'adresse riche, un électorat solide dans toutes les régions, une reconnaissance internationale, est différent du Dalein de 2010. ".

Hamidou BAH (collaboration I. S. BALDÉ)

COMMENTAIRES

Laissez un commentaire

EDITORIAUX

28 Feb 2022

Récupération des biens de l’Etat : la junte trébuche ! (*)

Les putschistes ont souvent la prétention de redresser une situation putride, laissée par un régime déchu condamné par une opinion désabusée. Pour ce faire, ils se veulent généralem [...]

Lire
27 Feb 2022

Restaurer l’autorité de l’État : Par qui ?

S’il y a un argument qui commence à faire du chemin dans les pays qui ont connu des coups d’État en Afrique ces derniers temps, c’est bien celui qui consiste à soutenir que seuls les régimes militaires [...]

Lire

INTERVIEWS

12 Mar 2022

Cellou Dalein Diallo : la junte guinéenne "refuse le dialogue avec les partis politiques" (*)

Le leader de l’opposition guinéenne laisse entendre que la junte cherche à se maintenir au pouvoir. Cellou Dalein Diallo dénonce le refus de donner un chronogramme clair pour le retour à l’ordre constitution [...]

Lire
26 Feb 2022

La stabilisation du Mali est indispensable à la sécurité régionale ouest-africaine (*)

Gilles Yabi, vous avez écrit dans un texte publié il y a quelques jours que « défaite politique française au Sahel ou pas, amélioration ou pas de la situation sécuritaire au Mali, cela ne va pas pertur [...]

Lire